30 avril 2006
En Transit ...
L Asie du Sud est,c est fini. Nous voici a nouveau a Bangkok. Tres etrange sensation. Il y a deux mois deja nous arrivions plein d excitation pour ces nouvelles contrees. On attendait la grand mere. Ca semble si proche et si lointain a la fois. On en a fait des choses en 2 mois. On a pas mal chamboule nos plans qui au depart devaient nous faire passer un mois au Vietnam et deux semaines dans les autres pays. On est heureux d avoir fait ces choix et on sait que l envie est grande de revenir explorer un peu le nord, le sud, lest et l ouest du Laos, loin des sites touristiques. Pareil pour le Cambodge. Une vraie decouverte. On est pret pour notre nouvelle aventure Indienne. Les enfants sont un peu inquiets, on a tellement entendu de "good Luck" (bonne chance)a l annonce de notre viree en Inde qu ils ne savent que penser. Ils en ont envie a la fois. Pour la decouverte et aussi parce que ca les rapproche du retour, des copains et de la famille.
En Asie on a apprecie beaucoup de choses, le calme Lao, le travail acharne des vietnamiens et le sourire des Khmers. On regrettera moins la musique tres forte, les klaxons stridents. Mais ca ce n est que le debut ! Ce qui va nous manquer c est :
les mangues delicieuses, les graines de fleurs de Lotus (friandises Khmeres), les jus de canne de bambou, les fruits shake, la dark Lao Beer, le laap Kai et laap Mu au Laos, l Amok fish, le Tom Yam, les calamars de Phu Quoc et le crabe au poivre de Kampot. Pour Madeleine qui comme moi n aime pas trop manger bouillant sous 35 degres ce n est pas la soupe de nouilles qui lui fera verser une larme mais le jus de citron frais, les bonbons de sucre de palmier, les shakes, les nouilles vegetariennes et le pat thai a Bangkok.
On sait aussi que l Inde va nous offrir plein de nouvelles saveurs et peut etre aussi nos premier bobos intestinaux... on vous racontera !
CAMBODGE, Kampot et Kep
Juste un saut de puce a Phnom Penh pour recuperer deux trois affaires en laisser d autres chez Nadia, et hop on est dans un taxi des annees cinquantes pour 3 heures de route qui nous emmenent dans le sud du cambodge , plus exactement a Kampot ... de pommes ?, pour quelques jours. On est tres impatient de profiter de la riviere de Kampot et de sa douceur de vivre ainsi que de Kep, ancienne station balneaire abandonnee dans les annees 1970.
Le temps de trouver la bonne et tres calme guest house BLISSFULL
et on est deja sur les deux mobylettes qui nous emmenent sous l insistance des enfants dans la riviere au milieu de petits rapides: le lieu est manifestement un des endroits favoris de la jeunesse locale et les enfants sont tout de suite au milieu de l eau a jouer a qui plongera le plus loin dans le courant. La ville est tres calme, les avenues larges, et la poussiere et le vent ont envahi les rues ;il faut se proteger les yeux quand on roule a mob car entre camion a toute vitesse traversant la ville et nids de poules permanents remplis de terre et de cailloux, c est plutot du rodeo, mais ce n est rien par rapport a la route qui nous attend le lendemain pour monter a la montagne du Bokor surplombant la mer et les iles. 31 km en 2 h sur une ancienne voie desaffectee depuis plusieurs dizaines d annees.
Bokor est une espece de ville abandonnee, fantomatique, construite sur le sommet de la montagne dans les annees 20 (?) ou se melent eglise catholique, casino, hotel, maisons etc.... et le tout dans un brouillard venteux permanent.
Etrangete du lieu ou semblent encore vivire quelques fantomes!! cela dit, le parc national recele de beaux tresors de la faune et de la flore locale, preserves par quelques rangers en tongs armes jusqu au dents et qui arpentent la foret a la recherche des bucherons trafiquants. Il y traine encore des tigres mais c est assez difficile de les voir a moins de passer les nuits la haut et ...la temperature proche des 15-20 degres est insupportable a imaginer !! On finira la journee de nouveau dans l eau pour les enfants dans des rapides plus rapides encore, avant de monter dans une barque et de se laisser entrainer par le courant vers la ville au coucher du soleil. On parle, on fait des photos et on savoure ces dernieres heures de la journee au milieu de la fraicheur qui tombe enfin !
On avait tres envie de decouvrir la campagne du sud et la c est une belle surprise car la route menant a Kep est remarquable pleine de charme avec une suite de villages aux milieu des rizieres, des magnifiques maisons traditionnelles cambodgiennes, de bestiaux (cochons, vaches) des couleurs qui s harmonisent ensemble, suite de verts tendres des rizieres a peine mises en eau, de jaunes des champs encore brules par le soleil et de bleus gris sur les maisons.
Une petite escapade dans la grotte de l elephant blanc ou deux jeunes cambodgiens sortant de l ecole voisine s improvisent guides, une seance de magie autour d un verre de jus de canne de bambou, l occasion pour moi de bien faire rire les enfants meduses.Grande surprise sur la route ou nous croisons des enfants voiles ; ils viennent d une ecole musulmane voisine et ce sont les premiers que l on voit depuis bien longtemps, boudhisme oblige.
Kep ressemble a une autre ville fantome ou les habitants riches de l epoque coloniale auraient deserte la ville. Des villas gigantesques, vestiges d un temps passe tres riche, se succedent sur la route cotiere ou n existent plus que des gargottes en bois. Les villas sont squattees par des locaux, veaux, vaches,et cochons s y cotoient dans un joyeux capharnaum. La ville a ete abandonnee apres la rupture politique du debut des annnes 70, l arrivee au pouvoir de Lon Nol et la fuite du roi Norodom Sihanouk. Kep a laisse la place a Sihanoukville depuis ces dernieres 20 annees. Melange doux amer d une ville probablement pas finie, peut etre a peine nee, il se degage cependant un parfum envoutant de bout du monde, amplifie par le delabrement des routes et le laisser aller en terme de proprete (mais n est ce pas la un des problemes majeurs de l ecologie sud asiatique!!).
Mais le meilleur c est quand le meme le CRABE GRILLE AU POIVRE DE KAMPOT, oeuvre majeur de la region et dont il ne faut minimiser la portee car ON A TOUS CRAQUE... C EST TROP BON... alors on reviendra pour ca et tant d autres choses; les robes des filles faites dans des sarongs en deux jours par les couturieres du marche(on dirait que les garcons sont accompagnes de trois princesses!!!), l arret des mobylettes par la maree-chaussee locale pour sens interdit,alors que les locaux passent devant nous sans se faire arreter(finalement on ne paiera que 5000 riels cad environ 1 dollar), un peu de cned car les evaluations n attendent pas et aussi le temps libre... pour chacun...
(premiere guitare d emile en 1 an ! Plaisir)
18 avril 2006
CAMBODGE, Siem Reap et les Temples d Angkor
Il y a un peu plus de 800 ans, alors que l on se prenait la tete sur la facon de construire nos cathedrales, le Cambodge faisait eclore un monumental ensemble de temples. Un million de personnes vivait a Angkor, capitale de l empire Khmer qui couvrait la plupart de l Asie du Sud Est. On ne va pas vous refaire l histoire des temples d Angkor, on risquerait de s embrouiller entre Jayavarman II , Jayavarman VII etc... les passionnes trouveront tout ce qu ils veulent sur internet , et puis chez vous ce sont les vacances de Paques, ici le nouvel an Khmer (on a meme laisse les cours du CNED a Phnom Penh !) alors... vacances... je laisse parler les photos. Le tri nous a deja pris pas mal de temps. Il faut dire que lacher deux chef operateurs, dans un endroit pareil avec des lumieres de lever ou coucher de soleil, ca donne des cartes memoires remplies a midi et des batteries defaillantes avant le retour a la guest house !
On n a pas beaucoup profite d etre entre copains pour faire la bringue mais ca faisait du bien de diner entre adulte (et de leur cote entre enfants).
La semaine a Siem Reap (ville etape des temples d Angkor) fut ereintante, debouts 4h30-5h pour le lever de soleil, sieste et piscine entre midi et 15h, (nous sommes a la periode la plus chaude de l annee) et retour aux temples vers 16h. Heureusement qu on etait en bande (ca donne de l entrain), que les bonnes relations de Nadia nous ont values un bon deal dans une belle guest house avec piscine et que le soleil se couche a 18h30.
Grace aux bons tuyaux de Damien et Kinou nous avons pu passer quelques bons moments et une nuit dans une maison Khmer sur le site des Temples, c est a dire au milieu des villages et des gens. Eau a la pompe, bougies, dodo dans le hamac ou sur les nattes.
mama sokha pret pour dormir
Tout le monde a adore cette pause exceptionnelle avec Mama Sokha la "gardienne" des lieux. Essayage de sarong pour Faustine avec Mama Sokha
Remy et Kinou se sont improvises docteurs de campagne pour ce petit garcon couvert de croutes sales. Vive la betadinne !
Les enfants se sont un peu plus asticotes pendant ces 2 semaines ensemble. La vie a neuf n est pas evidente surtout quand on a pris un rythme a cinq avec chacun ses petites habitudes.
Heureusement la bonne humeur l a emporte et ils ont fait de bonnes parties de cache cache entre les racines du Ta Prohm et les diverses entrees des temples.
Ils ont rencontres pas mal de gamins vendants des petits objets aux touristes. Emile a trouve une pretendante de 14 ans tres mignonne qui lui faisait des cadeaux.
je ne te regarde pas mais quand meme un petit peu !
Nous etions habitues a ne pas donner d argent aux enfants. Ici c est un peu different, ces enfants des villages alentours vendent de l artisanat aux touristes pour aider leurs familles mais ils vont a l ecole quelques heures par jour. Ils parlent un peu l anglais au contact des touristes et n ont rien a voir avec les enfants des rues de Siem Reap. Nous avons eu l occasion de voir ces derniers lors d un spectacle de marionnettes d ombre et de danse organise par l association Krousar Thmey.
Nous sommes egalement passes avec Emile a l association. Difficile pour lui de comprendre pourquoi ces gamins sniffent de la colle pour se detruire ainsi. Beaucoup de questions ...
Cette association s occupe egalement des nombreux infirmes et aveugles victimes de mines anti-personnel. La visite chez un demineur a passionne les enfants.
Toujours etrange de constater leur fascination melee a la repulsion pour ces engins de mort (comme pour les objets de torture au S21 ou a Saigon)
Le Cambodge affiche l un des plus hauts taux de mutiles au monde (1 personne sur 275) 40 000 cambodgiens ont perdu leurs membres apres avoir saute sur une mine et malgre les campagnes de sensibilisation, les mines font tous les mois 40 a 50 victimes. Impossible de l ignorer tant les mendiants pleins de cicatrices, amputes, aveugles, sont nombreux partout. Cela reste insupportable de songer qu apres tant de souffrance pendant la guerre, ce pays endure encore une telle injustice en temps de paix.
Malgre un passe si proche et si douloureux le peuple cambodgien reste souriant et attachant. On sent pourtant le pays coince dans ses problemes de corruption, de trafic d enfants, de mines, de pauvrete. On a un peu l impression que tout cela est insolluble, la revolution est passee et le Cambodge a retrouve ses vieux demons. Impossible d etre indifferent a ce peuple.
velo king size pour Mado/la vendeuse de gauffres/ encore un peu de tripotage Khmer !
Quelques heures de velo a la fraiche (si on peut dire) avant les adieux et nos chemins se separent a nouveau direction le Laos pour les copains et le sud Cambodge pour nous.
Retour a Phnom Penh. Nadia fidele au poste nous attend. Super !
On recupere le visa indien de Remy (c est bon, on l a !) Un petit tour chez le dentiste pour mon plomb vieux de 30 ans qui a saute' ! (au sens propre) et un arrachage de dent rebelle pour Faustine. Parfait le petit dentiste francais de Phnom Penh !
On profite surtout d aller revoir la fondation Krousar Thmey, visiter un centre de protection et une famille d accueil formidable. Madeleine trouve les petits trops mignons et voudrait bien en adopter un. Nous pensions que notre passage en Asie allait nous pousser dans cette voie mais, il semble beaucoup plus evident de favoriser le parrainage pour permettre a ces enfants de devenir les futurs batisseurs de leur pays. Cette fondation mise tout sur la culture khmer pour redonner des racines a ces enfants extremements perturbes. Nadia qui travaille en etroite collaboration avec toutes ces ONG sait a quel point leur travail est indispensable a la readaptation de tous ces enfants trafiques. On nous raconte de telles horreurs sur Poipet, ville frontiere avec la Thailande qu il est difficile d imaginer a quel point les militaires peuvent profiter de la misere de leur pays pour trafiquer les enfants issus des anciens camps de refugies. C est la bas qu ont ete refoules tous les refugies des camps thailandais quand la guerre a cesse.
Remy qui trouve que j en ai quand meme pas dit beaucoup sur les temples va s y coller un petit peu
Pour en revenir a Angkor et ses temples, il faut savoir que cette merveille du monde est en passe de disparaitre des lieux difficiles d acces et ce pour plusieurs raisons dont la premiere est non des moindres :on peut enfin y arriver par la route sans aucune difficulte et par les airs par de multiples compagnies aeriennes de plus en plus pressantes alors je vous laisse imaginer ce qu il risque de se passer dans quelques annees entre les mega complexes hoteliers et les super tours operateurs... Nous c etait deja limite, quelques annees trop tard, mais pour ceux qui veulent y venir la voie est royale. Et les locaux en profitent pour faire augmenter les prix dont le passe pour Angkor 1, 3 ou 7 jours a 20,40 ou 60 dollars. Quand on sait que le salaire moyen mensuel est de 30 dollars...Et meme si l envie vous prend de vous lever tot et meme tres tot pour assister a la magie d un lever de soleil sur l un des multiples temples (il y en a des dizaines sur des km2), c est a la nuit que l on est le plus tranquille, quand le ciel laisse tomber sa robe noire laissant apparaitre les premieres lueurs,entendre les premiers cris d animaux diurnes (incroyable mise en route musicale des grillons en l espace d une seconde a l unisson)...On arrive seul face aux mysteres des temples et puis quelques minutes plus tard alors que les rayons du soleil tardent a se montrer, vous vous retournez dos au spectacle envoutant du jour levant et la ...il y a des touristes , des centaines de touristes qui arrivent mais trop tard car le soleil se montre...le spectacle est avant, dans la magie de la nuit.
Vous voulez en savoir encore sur Angkor, alors il faut surtout regarder l album. On est en vacances et la flemme nous gagne un peu pour faire un resume qui ne peut pas etre rapide sur la construction, l histoire, les rois qui se succedent (Javayarman II puis VII), le barratage de la mer de lait (il faut aller sur le site des Morisot familym.canalblog.com pour avoir des explications !!!), les differentes constructions (le Bayon, le Takeo, l Angkor Vat, la citadelle d Angkor Thom), l empire qui grandit, le declin (vers le debut du 13eme siecle) ... et puis l abandon pendant plus de 7 siecles...le pillage(mesure heureusement pendant periode des khmers rouges apres la redecouverte par des equipes de chercheurs francais au debut du siecle puis meme l invasion vietnamienne... Pour les passionnes, internet ou un bon dico leur permettront d approffondir ce que nous ne sommes pas capables d ecrire (cause vacances et oui !!!!!!!).
Nous sentons deja que la Cambodge est un pays ou nous aurons envie de revenir (la liste s allonge) En octobre, ce serait ideal pour profiter des paysages de rizieres avant la moisson du riz ! (on veut du vert et de l eau ,du vert et de l eau,...). Peut etre un peu tot pour repartir !!! Nous sommes en pleine saison seche et la campagne ne ressemble pas vraiment aux photos du guide. Ca manque serieusement d eau. La pluie arrivera dans un mois mais nous serons deja loin...
13 avril 2006
CAMBODGE, Phnom Penh
La route fut longue du Vietnam vers la capitale cambodgienne. Il y a des heures qui n en finissent pas. Le voyage en bateau entre Chau Doc et PP (Phnom Penh)s est avere interminable. Bateau, une heure d attente a la douane Vietnamienne, changement de bateau et donc transport des bagages, re attente cote Cambodge pour check des passeports et visas. Nous sommes juste avant la saison des pluies, le Mekong est donc tres bas et il faut escalader les berges en terre bien grasse avec tous notre bazarre. On a parfois envie de balancer la fameuse valise du cned a l eau. A la fois, on tient le bon bout cote cours. Les filles speedent voyant la fin de l annee arriver bientot. (debut juin pour elles). Emile devra attendre encore un peu, le programme est plus lourd dans tous les sens du terme.
On s entasse a 15 dans un minibus pour se rendre a PP en 45 minutes. Le double en fait. Les 6 heures de voyage se sont transforme en 10 heures. Nadia, ma cousine, nous attend et commence a s inquieter. Nous decouvrons que le tuk tuk Cambodgien peut te trimbaler dans toute la ville sur de lui sans avoir aucune idee de ta destination. Remy et son sens aigu de l orientation nous sauve.
Ouf on y est, Nadia est la. (on prepare toujours les enfants au pire ... elle ne sera peut etre pas la, on devra peut etre aller une nuit a l hotel ...) mais Nadia n est pas Cambodgienne, elle tient ses promesses et nous accueille dans un superbe appart joliement meuble a la khmere. On s y sent bien tout de suite et Faustine ne cesse de repeter "c est bien d etre dans une vraie maison"
L autre bonne nouvelle c est que les copains Morisot sont deja arrives a PP et logent non loin de la. Nous sommes en pleine periode de nouvel an Khmer et le planning va s en trouver modifier.
Plus question d aller passer le week end a Siem Reap (temples d Angkor) bonde pour l occasion. Nous assisterons d ailleurs a l exode des Phnom Penhois vers les campagnes car c est la fete la plus importante du pays. C est comme un gigantesque anniversaire car a l occasion du nouvel an khmer chaque habitant vieilli d un an ce jour. Ce n est qu a partir de 50 ans que l on fete son anniversaire le jour de sa naissance. Pour les Kmers nous sommes en 2548 ou 2048, les infos divergent. Le futur quoi !
Les festivites se preparent, on vous asperge d eau et de talc dans la rue, pas assez selon nous (ils n osent pas). Nous profitons de la ville et des bonnes relations de Nadia pour decouvrir le Musee National, avec visite guidee par le conservateur. Il nous raconte non seulement l origine des statues mais aussi l histoire de leur restauration. Passionnant.
Phnom Penh nous etonne egalement par sa modernite. Elle nous semble la ville la plus riche de toutes celles visitees en Asie. On nous avait pourtant decrit le pays comme tres pauvre. Il l est, mais la corruption ici n a pas d egale. Les enormes maisons tape a l oeil en temoignent et cotoient la misere. Des familles entieres vivent dans les rues. Des enfants seuls egalement. Madeleine n arrive pas a comprendre comment on peut vivre sans parents dans la rue a 5 ou 8 ans. "c est trop triste"
On evite cependant de trop en raconter aux enfants. Emile a saisi que tous ces enfants etaient achetables et n arrive pas a y croire, Nadia qui travaille pour la protection de l enfance ici nous l explique. C est le pays de la prostitution et la pedophilie, les lois etant plus souples que dans les pays voisins, tout est possible et malgre tout completement inconcevable pour nous tant tout cela est camoufle et protege par un gouvernement corrompu.
Nous nous plongeons dans les lectures locales racontant l histoire recente du regime de Pol Pot. Cela semble si proche. Tant de souffrance pour un peuple. Les journaux televises de notre enfance en parlait, on s en souvient meme si l on etait bien jeune. La visite du camp S21 laisse tout le monde sans voix. Les enfants se projettent tout a fait dans le destin de ces familles affamees puis massacrees. "Pourquoi n avaient ils pas de pitie pour les enfants ? demande Madeleine.
le centre S21 salle de torture les victimes
Je vous rassure, nous n avons pas passe la semaine sur des choses aussi tristes, il y eu beaucoup de decontraction autour de petites piscines, des seances de cine en plein air, couches sur les lits khmers. On a fete l anniversaire de Remy avec un diner de fromages "comme a la maison" et surtout les 10 ans de Madeleine et Paul. (bougie fondues sur pizza !)
Etant du 15 et du 18 ils fetent leur anniversaire ensemble depuis toujours.
C est donc une veine incroyable d avoir pu rehiterer l evenement cette annee encore. Il ne manquait que leur copain Quentin (du 11) qui est de la fete d habitude. Bon Anniversaire Quentin !
Nous profitons du nouvel an pour sortir de la ville et partager les festivites des locaux a Tonle Bati (cf album)
Nouveau pays, nouveau physique, les cambodgiens possedent des traits bien particuliers. Qui a dit que les asiatiques se ressemblaient tous. Ici ils ont la peau beaucoup plus foncee et les levres charnues. Les Cambodgiens sont beaux ! Madeleine se demande pourquoi on dit que les asiatiques sont "jaunes" puisqu ils sont tout simplement bronzes et pas plus qu elle parfois ! Rien a voir avec les Coreens ou japonais. On ne confondra plus un Chinois avec un Lao et un Vietnamien avec un Cambodgien.
Remy refait une demande de visa a l ambassade de l Inde et se fait une tete de circonstance !
REMY VOUS PARLE DU CAMBODGE
Alors concernant le Cambodge et son histoire, on a deja un apercu a travers le Vietnam car les relations sont de cause a effet et vice versa. On ne peut pas suivre l histoire de l un sans l autre. Mais ce qui est sur c est que la gentillesse et surtout le sourire de l asie du Sud Est est une constante dans les trois pays que nous venons de faire depuis quelques semaines. Ils auraient pourtant mille raisons de ne pas l avoir.
A peine arrive a Phnom Penh, nous nous sommes plonges dans la litterature historique classique du pays, en l occurrence "CAMBODGE ANNEE ZERO'' et " D ABORD ILS ONT TUE MON PERE ''. Une facon plutot crue et dure d entrer dans la realite du pays mais on ne peut plus precise. Les regimes successifs du Cambodge sont compliques et plein de rebondissements: le prince Sihanouk semble faire l unanimite aupres de la population et surtout etre le seul homme que les cambodgiens n ont jamais vraiment abandonne, rassembleur et surtout respecte par le peuple, ce dernier ayant subi tous les outrages les plus abominables.
La trace des kmers rouges et ses stigmates sont toujours presents dans les pensees et dans les regards;il n est pas un bout de route, un village, un talus ou les heures terribles du cambodge ne sont presentes. La rencontre avec Mama Soka, une habitante du village de Sras Srang dans l enceinte des temples d Angkor, restera un moment d emotion: regard et non dit, respiration qui ressent le passé, silence plein de sens.Il y a des noms qui ne sont pas bon a prononcer et celui de Pol Pot est l un de ceux qui rappellent le pire.
Ce n est que maintenant, 35 ans apres le debut de la destabilisation du Cambodge par le regime Lon Nol puis du terribles regime de Pol Pot que l on se plait a penser a l avenir, plus radieux et surtout ouvert vers de meilleures auspices. La jeunesse qui peut se permettre des etudes part a l etranger mais sans jamais vraiment oublier le retour a la terre mere afin de prolonger l espoir ne il y a si peu de temps. Les cambodgiens veulent faire de leur pays celui des cambodgiens : l avenir est aussi possible au pays, grace a l impact d un certain nombre d ONG, d hommes et de femmes perseverants et enthousiastes. Gros point noir ; la corruption a tous les niveaux de la societe, touchant administrations, justice et securite et qui ne semble pas prete a etre enrayee.
Autour des familles dechirees par 20 ans de guerre, beaucoup d enfants mais aussi d adultes souffrant de multiples mutilations dues aux milliers (si ce n est des millions) de mines anti-personnelles, redoutables armes de terreur et de guerre civile laissees par les kmers rouges lors de leur repli dans l est du pays en 1979. On imagine tant la population desemparee par la famine et les maladies (obligation de travail pendant 12 a 14 h de suite, peu de nourriture, soins de sante inexistant,...). Nous essayons ensemble avec les enfants de rencontrer et de comprendre, a travers associations sur place, et anciens. Nous ne vous raconterons pas l histoire exhaustive du Cambodge, car trop longue et compliquee mais chaque jour est l occasion d une question ou d une angoisse pour les enfants ; pourquoi tant de mutiles, jeunes ou vieux ? Le handicap physique fait partie de la vie de tous les jours au Cambodge et il faut apprendre a vivre avec.. et c est une lecon de vie, de courage et de perseverance pour Emile, Madeleine et Faustine.
Nous devons rencontrer une association en debut de semaine a PP qui s occupe d enfants des rues et d orphelins, ce a travers le travail de Nadia. Nous en attendons beaucoup pour comprendre et peut etre participer un jour a de l entraide de pays a pays.
06 avril 2006
VIETNAM, ile de PHU QUOC et fin
On avait cogite, croise les infos et beaucoup tergiverse pour enfin se decider sur notre destination plage au Vietnam. Nous avons choisi Phu Quoc. Une grande ile, plus pres du Cambodge que du Vietnam. Longtemps oubliee (en fait,elle servait de prison lors des evenements vietnamiens de ces 30 dernieres annees),elle s'ouvre tout doucement au tourisme. Nous cherchions une cabane au bord de l eau. Nous avons trouve mieux, bien mieux. Un petit resort nature, au jardin bio bien garni, aux petits plats delicieux. Marie et Regis les proprio, couple franco vietnamien nous ont fait passer un sejour tres agreable dans une ambiance decontractee. Bungalows tres ouverts sur la nature et ses diverses bestioles:l'occasion pour Faustine de parfaire sa connaissance des insectes volants proches des B52 ainsi que des fourmis geantes,araignees velues,serpents.....
Le nord de l ile est encore tres sauvage, pistes poussiereuses, surtout en mob et forets denses.
On souffre un peu des croisements de quelques gros camions venus tracer une route et on en ressort en peau rouge,cheveux rouges bref l occasion d'un enieme bain dans cette mer de reve.
Villages de pecheurs un peu partout. Le poissson seche le long des routes en prevision des jours de pluies pendant lesquels on ne peut sortir pecher. L odeur tres presente de poisson nous rappelle qu ici on fabrique le meilleur Nuoc Mam (sauce de poisson) du pays.
Phu Quoc ce sont des couchers de soleil differents tous les jours.Tous les jours,Remy s y attelle pour une nouvelle photo et de nouvelles couleurs, recherchant le moment qu il n apas encore reussi a capter:trop rouge,pas assez orange,manque de bleu...
Des calamars comme on n en a jamais mange avant.
Ca se peche la nuit et la mer revet une allure d autoroute a bateau des le soir tombe.
A part une sortie en mer pour la peche au calamar (pas tres fructueuse), un peu de snorkeling et un tour en mob on ne vous cache pas que l on n a rien fait, vraiment rien.
Les enfants ont ete heureux de trouver des franco vietnamiens de leur age (enfin des garcons pour Emile) en expat a Hanoi, pour jouer les deux premiers jours.
On prepare quand meme la suite guide a l appui. Madeleine se passionne pour le Lonely Planet "Inde" et decortique les pages Parc National pour connaitre le meilleur endroit pour voir des tigres a cette saison.
Apres le depart des copains,Emile a pas mal tchatche musique avec Regis evoquant tour a tour les Beatles,les Stones,les Who,les Kings et bien d'autres puis cuisine avec Marie.Mais ce sont les filles qui repartiront le carnet plein de recettes et de secrets culinaires !!
Marie et Regis
les soeurs "cooking"
Emile qui depuis notre arrivee en Asie jeunait un peu contraint, repart requinque apres ce break gastronomique. Une de ses activites majeures,qui est en fait celle de toute la famille,consiste a tenter l ensemble de la carte pendant la semaine que nous passons che z Regis et Marie: calamars a toutes les sauces, la meme chose pour les poissons puis pour le boeuf bref crise de rire quand on ne peut plus se lever de table car le ventre trop rempli. En fait on prend des forces pour attaquer le gastronomie indienne qui risque de nous trouer le ventre ...et la bouche !!
Leurs commentaires sur 8 jours de farniente :
EMILE : Une belle ile, une mer limpide. Meme si le lagon est plus beau a Bora Bora, le sable est plus doux a Phu Quoc. Une ambiance geniale avec Marie et Regis (et sa bonne musique). Maintenant ce n est plus la bouffe francaise qui nous manque mais celle de Marie.
MADELEINE : Trop bien. L eau est trop chaude, il fallait mettre des glacons. La garcon du restau est tres joli et souriant.
FAUSTINE : la bouffe etait bonne et la mer tres chaude. Il a plu et c etait super, on s est baigne sous la pluie. la salle de bain etait innondee parce qu il n y avait pas de toit.
Vous allez dire que l on est un peu obsede par la bouffe, c est vrai et vous l avez compris, nous avons adore les petits specialites locales a la "sauce Marie". Nous repartons plein d energie pour la suite non sans elire la guest house de Marie et Regis "meilleure cuisine du tour du monde"... pour ceux qui veulent la tester,courrez y!!!!!!!!
Nous sommes arrives a Chau Doc ce soir, derniere ville du Delta avant la frontiere.
Une ballade nocturne d amoureux en cyclopousse nous permet une incursion dans la vie des gens. Les maisons entierement ouvertes en facade offrent comme une lucarne sur leur intimite : repas,coucher... On tire une natte dans la piece de vie et on dort aux vues des passants. Dans chaque maison trone un autel pour venerer les ancetres, ce n est pas chez nous que les cendres de grand-maman cohabiteraient avec la television (toujours en bonne place) et la mobylette garee dans le salon pour la nuit ! A la campagne les distractions sont rares : TV et alcool de riz, un billard assez frequemment. En ville en revanche, beaucoup de karaoke et de bars. Le hamac tient une place importante egalement.Pas de hamac : pas de Vietnam !!! On s y repose dans l apres midi en famille, les mamans et leurs enfants, on y berce les bebes. Faustine en pleine action !
On reste etonne du peu de voitures particulieres ici. Plein de cyclo, de velomoteurs,beaucoup de klaxons ... Cote habillement on a egalement remarque que les femmes vietnamiennes ne mettaient pas de robes. Exceptes les etudiantes ou jeunes filles chics qui portent l'Ao Dai (longue tunique sur pantalon large) les femmes portent plus communement un ensemble en nylon chemisier pantalon du meme imprime bariole (on a d'abord cru que les femmes sortaient toutes dans la rue en pyjama avant de comprendre ce costume). Nous n avons pas reussi a savoir si c etait traditionnel ou si le parti l avait impose jadis !!!
Nous repartons samedi en bateau pour Phnom Penh. Une remontee du Mekong de 7h vers la capitale du Cambodge ou nous sommes attendu par Nadia. Elle vit en Asie depuis un bout de temps et y fait des missions humanitaires apparement. Nous sommes tres impatients de redecouvrir cette cousine de cousine qui s est mise en contact avec nous depuis plusieurs semaines, repond a toutes nos demandes d infos et a propose de nous heberger. A bientot...
28 mars 2006
VIETNAM, Delta du Mekong
Delta du Mekong, Decouverte du Vietnam des campagnes. Le grenier et verger du pays (60% du PIB). Tout se cultive ici, pas besoin d attendre la saison des pluies. De l eau il y en a partout, on circule sur l eau, on s y baigne, on vit avec le Mekong.
On fait le plein de savoir en visitant tout un tas de fabrique, encens, toits de palme, briquetteries et ses enormes fours,potiers,forgerons. On alterne sampans, velos et autres barques pour se deplacer. seance poterie avec les jeunes ouvriers
On profite de l habitat local pour se prelasser dans les hamacs aux heures ou rien d autre n est possible tant il fait chaud. Nos nuits chez l habitant nous permettent de gouter des mets delicieux et des ambiances
a part.
On se reveille sur musique et propagande gouvernementale sur l ile du Tigre. A la campagne c est ainsi. Ici le parti est unique et on informe les paysans majoritairement analphabetes en hurlant les infos dans des hauts parleurs. A 6h du mat impossible de ne pas se lever
Emile trouve cela un peu exagere et moyennement democratique !!!
Le Vietnamien se revele moins mechant qu on ne le dit, meme si lui meme se qualifie ainsi.
Toujours d accord pour raconter sa vie, la guerre ...ou vous proposer un verre d alcohol de riz, des fruits ou un de ses serpents a caresser ! Nous on prefere le python en curry, delicieux.
Les photos parlent d elles meme, le Delta, c est un depaysement total et nous sommes ravis d avoir pris un guide parlant francais pour ces quelques jours, cela nous a permis un contact plus facile avec les gens car la soit disant francophonie des anciens indochinois est une image d Epinal. Les jeunes parlent anglais plutot mieux que leurs voisins Lao mais les vieux ne parlent que le Vietnamien et alors que le Lao me semblait accessible, j avoue ne pas me sentir d affinite avec cette langue difficile.
Nous arrivons a 7 mois de voyage et c est un cap. En fait c est de notre quotidien dont nous avons envie de vous parler aussi. De notre vie depuis septembre. Avec notre arrivee en Asie nous avons retrouve un rythme que nous n avions plus depuis le Perou/Bolivie. En effet, au debut du voyage nous avons loges a l hotel et pris nos repas au restaurant 3 fois par jour. A New York et en Argentine/Chili nous avons alternes appartement, cabanas, et auberges de jeunesses, en Polynesie les pensions et en Nouvelle Zelande le camping car. Nous faisions notre cuisine et recreiions un "chez soi". Nous n allions au restau que pour le plaisir de la decouverte des specialites du coin. Depuis Bangkok, nous retrouvons cette contrainte qu il y a a choisir un lieu pour le petit dej (le meme tous les jours si le premier choix est le bon ...rare !) le dej (sur le pouce au marche) et le diner. Et meme si l on est devenus des pro du genre : observation des tarifs, des menus... depuis quelques temps le raz le bol l emporte. Et quand nous ne sommes pas d accord sur le contenu de l assiette ca donne : un diner a la pizzeria pour les enfants et nous dans un restau viet de l autre cote de la rue. Ils se debrouillent tres bien tout seuls, Emile a un meilleur anglais que la plupart des serveurs et pendant ce temps.... ils complotent et font leur petite greve des parents. Lorsqu ils nous retrouvent au dessert, (il faut bien quelques Dong pour payer l addition ) on apprend qu ils en ont "raz le bol" de nous. On peut le comprendre. La fin du diner devient conseil de famille, ou chacun explique ce qui va, ce qui pese, ses envies ...
Les filles sont partagees entre l envie de rentrer et celle de decouvrir la suite. Emile avoue son envie de rentrer, le manque des copains et cousins, pas un seul garcon de son age rencontre depuis 7 mois (ecxepte Maxime) je trouve moi meme surprenant qu il soit si sympa alors que tous ses attributs de pre ado sont bien loin (exception faite a la game boy pour les longs trajets). Depuis notre arrivee au Vietnam il y a egalement le comportement des femmes ici qui l exaspere. Elles adorent attraper les enfants par les bras, les reluquer comme des betes, les pincer. Les filles plus conciliantes se pretent au jeu, mais a l age d Emile c est complique. On explique que c est une marque de curiosite et de gentillesse la ou il voit un manque de respect envers lui. Bref, c est le choc des cultures !!!
C est vrai qu il y a peu de blancs dans les campagnes alors des enfants ... c est la curiosite ! Nous n avons croise aucunes familles occidentales depuis Bangkok. Plus d auberge de jeunesse et donc plus de rencontres avec d autres voyageurs, ca manque mais le contact avec les locaux est facile et agreable bienque moins evident qu en espagnol. Emile ne voit pas ce qui nous plait tant de parler avec les gens d ici alors qu il ne se posait pas la question en Amerique du sud. Une partie de babyfoot avec des jeunes d ici le fait changer d avis. Il reste cependant tres agreable malgre ce petit passage a vide. De notre cote le fait d etre ensemble tout le temps ne nous pese pas. On se dit que ca va etre etrange de se separer autant au retour (mais pas mal non plus !) On passe si peu de temps ensemble dans la vraie vie ! Toutes ces questions si nombreuses qu en feront ils ? Nous songeons tres concretement au retour, a la reprise du boulot, aux inscriptions en colo, (un univers d enfants uniquement leur fera du bien ) Depuis le depart Remy et moi n avons jamais eu envie de rentrer avant, la perspective de decouvrir le Cambodge et l Inde nous motive beaucoup meme si l on sent que l aventure touche a sa fin. Nous savons que le moment venu l excitation du retour sera grande. Pas d aprehension pour la reprise du travail, mais nous savons a quoi ressemble un mois de septembre et sa bousculade de rentree, d inscriptions aux activites, du frigo vide, des chaussures trop petites...la vraie vie... On s y prepare et on ne va pas se plaindre (je vous entend deja !) car on aura eu l extreme privilege de faire un break avec tout ca pendant un an et on aura des mois de souvenirs pour attaquer l hiver a venir ... alors ...
22 mars 2006
VIETNAM, Saigon
Arrivee a Saigon, officiellement Ho Chi Minh Ville. Le contraste avec la paisible Vientiane est saisissant. On negocie un taxi, Depuis notre arrivee en Asie je peux allegrement exercer mes talents de "marchande de tapis", ca va plaire a mon pere !
A peine installes, le chauffeur de taxi commence son travail de sape quant au choix de notre hotel. Il essaie de nous en "vendre" un autre. Un ou il touchera sa "com..." Nous demeurons inflexibles. Premiere tentative infructueuse : l hotel repere dans le guide affiche complet. Le chauffeur comprend alors que nous n avons pas de resa et recommence son baratin, brochures a l appui. On s entete et apres 3 vains essais, on nous indique un etablissement ou il reste de la place. C est alors que le chauffeur tente sa derniere carte et nous explique qu il ne peut emprunter cette rue en voiture, il nous faudra marcher. On rigole avec Emile qui a beaucoup lu le guide car c est exactement le comportement du taximan vietnamien coriace decrit dans le Lonely Planet.Il finit par nous deposer tout pres et nous ammenageons dans 2 chambres tres propres et tres kitch mais cela semble etre le critere de beaute de ce quartier bon marche : le paradis du carrelage clinquant !
Les filles de la reception sont tres aguicheuses avec Remy et les enfants : pincements, chatouilles.... une blague ! Tres eloigne de la douce reserve Laotienne. Les enfants couches, on sort decouvrir Saigon by night. La biere locale est moins bonne que la beer Lao dark mais l ambiance nocture bien plus excitante qu a Vientiane (pas difficile !). Beaucoup de mendicite, de petits vendeurs de bonbons et apres l opium a Luang Prabang, on nous propose assez rapidement de la Marijuana. Les legendaires velos ont fait place a un nombre impressionnant de scooters.
Ca roule dans tous les sens, jour et nuit, c est absolument hallucinant. Beaucoup portent des masques anti pollution mais pas de casque !
Reveil enthousiaste de Faustine . Elle a enfin perdu une de ses 4 dents branlantes. La petite souris vietnamienne est passée, elle a laisse 50 000 Dong sous l oreiller. Faustine ecarquille les yeux devant un aussi gros chiffre (3 $). Nous sommes impatients de la voir edentée pour qu elle puisse a nouveau croquer dans la bonne baguette. Effectivement, le Vietnam comme le Laos a conserve cette tradition, et meme si les locaux mangent plutot une soupe de nouilles au ptit dej, on trouve partout la fameuse baguette francaise. Elle est malheureusement souvent accompagne du plus infame the : le "lipton Yellow". C est vraiment fort de voir que dans tous ces pays d Asie on a reussi a leur vendre notre mauvais the alors qu ils en produisent du bon ! Ca doit s appeler du marketing, non ?
On s offre une apres midi au parc avec un beau spectacle mais court de marionnettes sur l eau ainsi que le tour de la ville des annees 60.
Ne pouvant tout voir en 3 jours on oriente notre decouverte de la ville vers une introduction historique du pays. Les enfants sont a la fois captives et horrifies par la visite du "musee des souvenirs de guerre" et des tunnels de Cu Chi. Rude mais necessaire a la comprehension de ce pays. C est vraiment etrange de se dire que tout adulte de plus de 30 ans a vecu cet enfer. Je passe le clavier a Remy qui semble inspire.
D'abord un premier choc une fois sur la terre du Vietnam...Un pays dont on a tant parle depuis 4 decennies...un pays que l'on ne connait que par les histoires qui en sont revenues...les images qui ont voyagees, les recits transformes selon le camp ou les protagonistes se placaient...Ce qui est sur, c'est que l'on ne peut pas ne pas y penser quand on pose le pied dans ce pays. Des que les premiers regards se posent, des que l'on scrute l'histoire de chacun (ou celles de leurs proches) , peut etre un fils , ou un frere disparu...L'emotion est grande mais les stigmates de ces heures difficiles ont pose leurs marques sur les visages... Je vois cette vieille femme qui semble marcher difficilement dans la rue. A-t-elle perdu son mari , ou ses parents, peut-etre n est elle pas si agee mais la secheresse de son visage n'est que le reflet des dures heures de son pays.
Je pense a tous les jeunes de ce pays qui n'oublient pas et qui celebrent tous les jours la liberte retrouvee...
Je pense a ceux qui, la ou je marche, dans ce champ, ou dans cette foret autrefois devastee par les defoliants, ont perdu la vie ...
Je pense aux longues heures d'attente de ces combattants, caches au fond de tunnels ridiculement petits pour pouvoir y vivre des jours entiers...
Je pense aussi a la joie incroyable des vietnamiens, qui ressemble avant tout a une formidable envie d aller de l avant...
Je pense a l'incomprehension de ces jeunes americains face a un conflit dont les raisons leur ont toujours echappees...victimes aussi...
Je pense enfin a ceux dont on ne sait rien, et qui ont disparu en heros...
Cette guerre dans ce pays n'est plus si proche mais elle a ete tres fantasme dans l inconscient pour ceux qui la voyaient de loin. Je suis de cete generation qui entendait, mais qui ne voyait pas , qui ne savait pas car trop jeune. C'est donc aujourd hui que je peux commencer a mieux comprendre et le peuple vietnamien et son histoire ...
Et chacun que je croise, chacun a qui je parle, j'ai envie de lui demander :raconte moi ton histoire.
Et puis il y a cette ville SAIGON, representee avant tout pour moi par ce char entrant le 30 avril 1975 dans l enceinte du palais qui deviendra plus tard le palais de la reunification...Je l imagine aussi parce que Marguerite Duras me l'a fait rever.. et que longtemps elle a accompagne mes nuits de lecture. Je comprends peut etre un peu mieux l'amour et la fascination que cette ville a pu degager pour elle, jeune fille. C'est peut etre une des premieres villes ou je ressens toute l'histoire qui l'a construite...Santiago du Chili aussi...des heures si sombres...un peuple si dechire ...
En transit ...
Sequence emotion hier en quittant Marie Odile a l aeroport de Luang Prabang. Nos chemins se separent ici, elle part vers Bangkok puis Paris et nous vers Vientiane. Nous passons notre derniere soiree au Laos, ou pour une fois le service au restau est "normal" et non pas d une lenteur extreme comme nous l avons teste un peu partout. Ils sont vraiment champion pour ca. Compter 45 minutes entre la commande et le service et les plats arrivent espaces de 20 minutes !
Nous sommes tres heureux de notre sejour ici et un peu triste de quitter la grand mere meme si le retour en France semble proche desormais. Faustine ne cache pas son manque et avoue qu elle aurait bien accompagne sa grand mere ... ca faisait longtemps. Nous avons un peu ralenti le rythme en arrivant au Laos, pas seulement pour Marie Odile mais parce que le besoin s en ressentait pour nous 5. Nous avons alterne petites cabanes et pensions plus confortables pour profiter agreablement de nos visiteurs. La semaine a Luang Prabang fut un break pour nous aussi. Un genre de vacances au milieu de notre tour du monde ! Parmi vos interrogations dans les mails on sent que vous vous demandez si on n en a pas assez, si la route n est pas trop longue, si l on ne poserait pas un peu nos valises ? C est ce que nous venons de faire. En 3 semaines au Laos nous aurions pu faire beaucoup plus, le sud du pays par exemple...et meme si j ai un peu de regret pour ca, je sais aussi que l on s etait dit que desormais on allait moins bouger... et ce fut une bonne chose. Nous avons eu des journees ponctuees de baignades et de lecture uniquement. Etre ensemble reste un plaisir de decouvertes, de discussions. On a profite de cette periode a 10 pour cinder le groupe, les enfants prenant souvent leur quartier seuls.
Un voyage comme celui ci ne peut etre parfaitement prepare etape par etape comme un sejour de quelques semaines et cela prend aussi du temps de lire, chercher les bons plans sur le net. Le but c est aussi de faire autre chose que ce que l on avait prevu parce que les envies changent au cours du voyage.
Marie Odile ne nous a en rien freine, elle a assure un max et a suivi parfaitement en toutes circonstances , et ce malgre une chaleur bien plus difficile a supporter pour elle qui subissait un gros changement de temperature.
Nous voici en attente de notre vol pour Saigon, nous quittons donc le Laos en nous promettant d y revenir et avec l espoir que ce pays ne change pas trop vite.
19 mars 2006
LE LAOS, un peu d histoire, geo
Sabaidee, (bonjour)
Dernier jour avec les copains, la semaine a ete magnifique pour tous. Flanerie au milieu des temples. et dans les rues paisibles de Luang Prabang.
Il nous reste heureusement Marie Odile pour quelques jours encore. Photo de famille, embrassades et les voici repartis pour Shanghai. Dur pour eux : rentree, thermometre tres bas, le stress de la ville ...
Le Laos ayant ete francais quelques temps, vous allez avoir droit a un petit recap (complique a faire d ailleurs tellement leur histoire est melee a celle du Vietnam, 2de guerre mondiale, guerre d Indochine ...cela incitera les curieux a se renseigner sur les details)
Avec ses 6.2 millions d habitants et ses 236 800 km2, le laos est le plus petit pays d Asie du Sud Est. C est egalement un des plus pauvres pays au monde (330 $/hab/an). L esperance de vie est de 53 ans, en grande partie a cause du manque serieux d hopitaux. La population est a 65% boudhiste meme si l animisme est aussi tres present bienqu officiellement interdit (croyance en differents esprits) La population vit majoritairement de l agriculture (85%) et plus de la moitie de ce secteur ne concerne en fait qu une activite de subsistance sans creation de veritable richesse. Nous avons traverse lors de notre trek plusieurs "villages" retires de tout et vivant en effet en totale autarcie. Les principales cultures sont les cereales (riz, mais, ble, sorgho, sesame, cacahuetes) arrive en 2eme position apres le riz, la culture du pavot (opium) Le Laos est le troisieme producteur d opium du monde !!! Mais attention pas touche, les sanctions sont graves et les prisons laos certainement pas idylliques ! On trouve dans le sud (plateau du Boloven) du tabac, du cafe et du the vert. L exploitation des forets est l une des principales sources de revenus du pays (teck) mais il est fort probable que cela prenne des allures de catastrophe ecologique sous peu. Reste le tourisme, secteur de plus en plus actif. Il peut faire evoluer le niveau de vie Lao si les thailandais ne s imicent pas trop dans leurs affaires !!! Le Laos possede en effet des frontieres avec des pays dont le developpement est gallopant comme la Thailande et la Chine mais aussi avec le Cambodge, le Vietnam, Le Myanmar (ex Birmanie). Il reste le pays d Asie du Sud est le moins vivite. Le Mekong traverse le pays sur 1800km et reste un moyen de transport courant. A Luang Prabang les rives sont parsemees de jardins a la saison seche ou l on cultive dans le sable legumes et fleurs.
On peut facilement traverser la riviere afin de decouvrir temples et population un peu abandonnes des touristes.
Ce beau vieillard par exemple, soldat francais en 1946,parle parfaitement le francais et nous rappelle l histoire commune de nos pays.
En 1893, le roi de Luang Prabang demande la protection de la France pour eviter la suzerainete siamoise. Un choix, sans avoir le choix en quelque sorte. Entre 1893 et 1904 le Siam cede presque tous les territoires a la France qui assurera un protectorat au Laos sans jamais vraiment s interesser a ce pays. Exceptes la reconstruction de Vientiane, le trace de quelques routes et l amenagement de la navigation sur le Mekong, la France n exploitera pas les richesses naturelles du Laos, trop difficilement exportables. La presence francaise se limite a controler un etat tampon face a l influence britanique. En 1945 c est le debut des mouvements vers l independance (soutenu par les Japonnais). En 1949 la France cede une large autonomie et l independance est declaree en 1953. On enseigne malgre tout le francais a l ecole jusqu en 1975, c est pour cette raison que les personnes, ayant ete scolarise a cette epoque, parlent encore un francais que l on sent peu pratique.
De 1957 a 1964, le Pathet Lao, bras arme du parti communiste lutte pour controler le pays. Soutenus par les Vietnamiens, les communistes controlent tout le Nord et l Est du pays (en 1964) De 1964 a 1973 alors que la 2de guerre d Indochine s intensifie, une guerre secrete est menee par les americains et les Vietnamiens en totale violation des accords de Geneve de 1962 qui reconnait la neutralite du Laos. Les americains bombardent massivement la region. Deux millions de tonnes de bombes ce qui fait 500kg / lao, un record mondial ! Le cessez le feu est signe en 1973.
En 1975, le Parti Revolutionnaire du Peuple Lao regne sur le pays. Collectivisation des campagnes, appauvrissement de la population, dependance quasi totale vis a vis du bloc communiste et vietnamien. La repression religieuse mais surtout a l egard des opposants politiques provoque un grand exode des boudhistes et l ouverture des camps de reeducation (samana)
En 1977 le roi Si Savong Song et sa famille est deporte dans le nord du pays (enferme dans des grottes) et meurt en 1980 suite aux mauvais traitements. Le modele communiste calque sur les voisins, peu adapte a la culture tribale du Laos est doucement assoupli depuis les annees 80 . Le Laos est aujourd hui une republique democratique populaire et connait une relative stabilite, toutefois toute personne non membre du Parti ne peut participer au gouvernement d une province. Cela engendre evidemment un mecontentement croissant de la population et des attentats et emeutes ont perturbe la vie politique entre 2000 et 2004.
On sent le pays tiraille par sa culture ancestrale et le modernisme deverse par le biais de la television thailandaise ainsi que la forte influence politique du Vietnam. Difficile de garder son independance quand on dispose de peu de moyen pour la defendre.
Le Laos reussira t il a conserver la tranquille nonchalance qui fait son charme ?
(qq nouvelles photos dans album Luang Prabang)
17 mars 2006
LE LAOS, Luang Prabang
Luang Prabang, ville royale. Ancienne capitale, bijoux du Laos. Ici les temples se comptent par dixaine. classee Patrimoine Mondial de l Humanite par L Unesco, Luang Prabang baigne dans la verdure ... et le tourisme aussi. Ce n est pas le Laos profond, on y trouve pas mal de jolies boutiques de soieries tissees, bijoux ...etc mais le peuple Laos n est jamais loin non plus. De premier abord vous avez peur de cet aspect mais tres vite vous oubliez ce tourisme pour retrouver le marche de nuit et les femmes hmongs qui vendent leur artisanat magnifique, le vrai marche du matin, l aumone des bonzes a 6h, les villages allentours, le Mekong ...
Luang Prabang se vit tot le matin ou a la nuit tombee... Pour nous tous, Luang Prabang c est aussi la ville ou l on retrouve nos copains expatries a Shanghai depuis le mois d aout. Les retrouvailles entre Emile et Maxime sont surexcitees.
De notre cote, nous sommes heureux de retrouver nos amis, un peu creves par le rythme chinois mais egals a eux meme. Un peu de vie sociale nous fait du bien et c est donc a 10 (Marie Odile toujours parmi nous) que nous partons a la decouverte de la ville et sa region.
les filles habillees par Isa a la mode chinoise !
Une ballade en slow boat sur le Mekong pour se rendre aux grottes de Pak Ou. Un gros orage a rafraichi l atmosphere, il fait froid pour une fois ,pas de bol ...
Offrandes aux moines, aux aurores. Les moines recoivent de chaque habitant boudhistes une boulette de riz ou autre aliment. Calme total dans la rue exceptes quelques touristes peu scrupuleux et peu discrets.
On reussit a persuader les garcons (Emile et Max) de faire un trek de 3h. Pas evident quand il fait chaud mais tout le monde sera heureux de l avoir fait. On passe dans des villages Kamou (peuple khmer) et Hmong. Notre guide ancien prof d histoire, geo parle francais et nous explique beaucoup de chose sur la religion anemiste des hmongs. Des hordes d enfants nous accompagnent, toujours curieux de la peau pale de nos enfants.
Dans la serie "les aventures de la grand mere"
On ne se lasse pas de ce pays et c est avec un peu de vague a l ame que nous allons poursuivre notre chemin au Vietnam. Beaucoup d hesitation pour decider de la suite. Faire le sud du Laos comme prevu et passer la frontiere en bus. Assez complique. Le passage au Vietnam est le plus difficile, les douaniers sont reputes pour aimer vous faire des tracas, les bus vous deposent apres quelques dizaines d heures de transport a 3h du mat et vous devez attendre 7h l ouverture du poste frontiere. Bref... on a opte pour le saut en avion jusqu a Ho Chi Minh pour en definitive faire un break "plage" au sud Vietnam. On espere que les vietnamiens seront plus sympas que leur reputation ne le laisse entendre. Pas une seule personne ne nous en a dit du bien !!! (on doit etre curieux ou maso) En attendant on profite du Laos et de nos copains et grand mere ... avant de nous retrouver seuls a nouveau.
