29 mai 2006
INDE, Fort Cochin dit Kochi
Avant d arriver a Kochi, nous avons fait halte a Kozhikode. Cette halte n avait aucun interet mais les filles s en souviendront car elles ont passes 24h au lit avec une grosse fievre. Faustine vous raconte :
" J ai ete malade avec Madeleine. J ai dormi toute la journee, j avais 40 de fievre. Je suis allee a l hopital de Kozhikode, c etait comme un garage, tout gris et sombre. Ils donnent des medicaments de toutes les couleurs. Celui de Mado etait jaune et le mien rose. On a mange de la soupe de riz pour soigner notre ventre c etait pas bon du tout mais le lendemain on etait gueries."
Apres encore un bon "casting" de chambres d hote ou hotel nous avons atterri chez Usha. Recommandee par un hotelier trop cher, on decouvre le soir que ledit hotelier est le mari de madame ... Elle nous loue deux chambres charmantes chez elle. On se sent tout de suite chez nous ici, d abord parce que c est un univers de femmes. Les hotels sont toujours tenus par des hommes, les femmes sont souvent releguees aux taches ingrates, menage... Ici c est plein de femmes qui dorlotent l unique petit garcon d Usha : Madav, 2 ans. Remy s en remet a elle pour se faire expliquer le maniement du Doti qu il a achete, jupe locale que portent la plupart des hommes. Les indiennes ne font pas de maniere et s amusent beaucoup de ce genre de chose. Usha donne egalement des cours de cuisine Keralaise comme cela se fait beaucoup ici. On s y colle, ravis de se remettre aux fourneaux pour preparer des legumes korma, chicken kari et autres puri. On se goinfre ensuite de toute cette bonne cuisine que nous essaierons de vous faire gouter au retour.
Fort-Cochin est la ville des epices. Ancien comptoir portugais, la ville est riche de son passe historique. Eglises, basilique, mosquee et synagogue.
Kochi reflete a la perfection l ecclectisme du Kerala.
synagogue
Les anciens quartiers presentent un melange de Portugal medieval, de Hollande et de campagne anglaise. Depuis notre chambre (sans fenetre, of course) nous sommes reveilles par le leger murmure des chants de l eglise d a cote. Dimanche midi, c est un bapteme a la Basilique Santa Cruz puis une repetition de chant de la chorale a l eglise San Francisco. Entendre et voir ces indiennes chanter le Kyrie nous emeut, neuf mois loin de chez nous ... et c est tout une culture proche de nous qui jaillit dans ces instants voles. De plus, on ne cesse de s etonner de cette communaute catholique indienne. Pourquoi etre chretien dans un pays hindou... cela semble insolite. Ils ont d ailleurs revu et corrige leur Jesus : aureole en neon, croix qui clignotent... trop sobre le catholicisme !
Alors qu'est ce que l'on fait quand il pleut des cordes non stop tous les jours et toutes les nuits et que la mousson s'installe ?...Eh bien, il faut vivre comme les indiens au rythme des pluies dilluviennes et continuer a mener son petit bonhomme de chemin. Les ballades se font trempees, les visites pieds nus, les transports en rickshaws pas tres impermeables et puis au bout de deux jours, on s'apercoit qu'il est plus raisonnable d acheter deux parapluies et de sortir en chemise. Et c'est la que les choses deviennent interessantes car la ville de Kochi regorgent de tailleurs en manque de travail. La saison touristique est terminee, les vacances des indiens aussi, alors on se sent tout seuls dans cette jolie ville de Fort Cochin (Kochi nom indien j'avais oublie). Les deux tailleurs que nous rencontrons se font un plaisir de refaire des nouvelles chemises tuniques.
Les quelques gargottes ouvertes nous accueillent comme de vieux amis pour diner ou dejeuner d'un poisson achete le long des grands filets de pecheurs quelques minutes auparavant (la bete est encore vivante !!).
On la fait cuire dans une petite echoppe a cote et c'est si doux d'etre la au milieu de la vraie vie indienne. Evidemment ce nest pas le Kerala des cartes postales, les plages sont dangereuses, les vagues anthracite brassent d enormes quantites de sable qui deferlent sur la route. On se mouille les pieds mais on commence a y prendre plaisir.
Kochi c est aussi la danse Keralaise : le Kathakali, bien depaysant, voire un peu flippant, envoutant.
Le Kerala c est le massage Ayurvedic. Les filles sont des grandes adeptes des massages depuis l Asie. Faustine a meme decide d en faire un de ses nombreux metiers (en plus de photographe, peintre, restauratrice de fresque...) Alors, on s y essaie. On nous l avait bien dit (merci Nathalie T) le massage Ayurvedic c est de l huile, beaucoup d huile... mais bon ...on est la ...on le tente. En effet, c est tres oily ! Le masseur t enduit d huile, il t en fait couler sur le visage, te masse les cheveux avec ... bref tu passes plus de temps dans la douche apres, qu au massage lui meme. Les filles mal rincees ont les cheveux luisants depuis 2 jours mais trouvent ca parfait pour le coiffage...plus de noeud ! Elles avouent avoir quand meme prefere le blind massage (fait par les aveugles) au Cambodge.
Le grand changement dans notre vie, c est la fin des cours du CNED pour les filles. C est l hysterie, elles dechirent les manuels de consigne, on fait un gros carton avec leurs cahiers (pour garder le travail effectue quand meme) que l on postera en France. Emile lui doit encore bucher 2 grosses semaines mais les delais postaux seront difficiles a tenir, a moins que l on ne croise des francais sur le retour. Difficile ici, tout le monde voyage 3 mois minimum. On poste les dernieres evaluations de filles et l on court a la librairie acheter de nouveaux livres. Tintin en anglais, parfait pour Emile qui prend un reel plaisir a apprendre cette langue. Il decele frequement les fautes de grammaire et conjugaison des indiens qui ne parlent pas toujours un anglais parfait. Les filles se lancent dans les seuls livres francais dispo ici : la vie des dieux (Ganesh, Hanuman...) en bandes dessinees. Et les voila a nouveau scotches aux bouquins.
N ayant quand meme pas grand chose d autre a faire que regarder la pluie tomber, on se lance dans les cours de Yoga. Une heure au reveil, genial... et la, on sait que tout ca va nous manquer au retour. Malgre les grandes marches en foret, en montagne... on se sent rouille. Un peu d exercice en douceur nous fait du bien (et avec l huile, on devrait derouiller vite !)
Nous partons bientot vers les Backwaters de Allapey. Quitte a etre sous l eau autant etre dessus. Nuit sur les House-boat. (pour les non indiens : le kerala est celebre pour ses bateaux-maisons sur lequelles on peut se ballader sur les canaux et visiter les petits villages allentours). On a relache le rythme des visites. On vit au gres des averses, la chaleur est tombee avec l arrivee de la mousson, il fait bon ... la mousson est une chance pour les indiens, un vrai cadeau du ciel. On le prend tel que...
ps : j en profite pour rappeler aux non inities que les albums a droite contiennent la plupart des photos
