23 décembre 2005
Ile de Paques dite Rapa Nui
Ca y est nous sommes sur l ile de paques, on a eu droit a notre collier de fleurs.
C est magnifique, et les moais pour bientot.
Allez, un peu d histoire en cette fin d annee.
Partis de Hiva, ile aujourd hui disparue, au large des Marquises, les premiers habitants de l Ile de Paques debarquent ici il y a 1500 ans. Se croyant seuls sur terre, ils la baptisent RAPA NUI "nombril du monde"; Certains pretendent que c est aussi sa place au centre de la carte celeste qui lui vaut ce nom;
Les Rapa Nui vivront ici sur un mode de vie tribal (une dizaine) se partageant la terre et l acces a la mer.
Ils vouent un culte aux ancetres et la construction frenetique d immenses statues "les Moais" devient bientot la grande priorite des differents clans. On respecte la tradition de l homme-oiseau : competition qui renforce le pouvoir du chef de la tribu vainqueur. Il s agit de descendre une falaise pour rejoindre a la nage le Motu Iti (ilot a 1.5 km des cotes) , en rapporter un oeuf de fregate de mer (ou attendre la ponte plusieurs jours) et revenir presenter l oeuf intact au roi. Chaque tribu presente un candidat a cette course effrenee dont peu reviennent. Nous avons vu la falaise, l ilot et la mer... autant vous dire que ce n' etait pas du gateau !!!
Jusqu en 1680 deux grands clans s affrontent : les longues oreilles (famille royale) et les courtes oreilles reduits a l esclavage par les premiers pour la fabrication des fameux Moais. Surpopulation, manque de nourriture, canibalisme (discutable), deforestation ( pour l acheminement des Moais) les conflits eclatent. C est a cette epoque que les statues protectrices des vaincus sont renversees par les vainqueurs; cela explique pourquoi les premieres expeditions ont relates n avoir trouve qu un petit nombre de statues encore debout a leur passage.
En 1722 l ile est decouverte par un hollandais Jacob Roggeveen. C est le jour de Paques, il la nomme "Isla Pascua". S en suivront plusieurs expeditions, le Perou, la France avec La Perouse ... et les premiers coups de feu !
En 1863 c est un veritable drame que vit RAPA NUI. Plusieurs navires peruviens debarquent et capturent un millier de Pascuans, dont la famille royale, les elites intellectuelles et religieuses. C est toute la culture de l ile qui est emmenee au Perou pour etre reduite a l esclavage dans des mines. Beaucoup sont tues. Grace a l eveque de Tahiti emu, les gouvernements francais puis anglais se mobilisent imites par un missionnaire chilien. Quand le Perou se decide a liberer les pascuans il est trop tard. Plus de 80% d entre eux sont morts. Une centaine de survivants rentre alors vers l ile mais la variole decime les passagers. Les 15 ultimes rescapes transmettront la maladie aux pascuans reduisant alors encore plus la population et tout le passe de ce peuple avec.
En 1864 sur 5000 habitants que comptait l ile avant le raid, il n en reste que quelques centaines. C est a cette epoque que les missionnaies evangelisent les pascuans.
En 1888 l ile de Paques devient chilienne. Quelques annees plus tard les terres sont louees a une compagnie britannique pour l elevage de moutons. Le village Hanga Roa (unique a ce jour) est entoure de barbeles et les pascuans prisonniers de leur propre ile.
En 1952 le contrat prend fin mais les chiliens en profitent pour renforcer leur emprise. Ce n est qu en 1960 que le regime se liberalise. Les pascuans obtiennent le droit de vote en 1966 ainsi que des papiers d identites.
Inutile de preciser (meme si la population actuelle est a 50% chilienne) pourquoi les pascuans ne se sentent pas du tout chiliens et ressentent encore de l animosite envers le Chili. Ils savent d ou ils viennent disent-ils et apprecient leurs cousins polynesiens.
Aujourd hui l ile vit du tourisme et a un niveau de vie superieur a celui du Chili. Les pascuans sont fiers de leur culture et essaient de la faire revivre et decouvir en entretenant la tradition orale.
Nous avons eu beaucoup de plaisir a decouvrir cette ile, a ecouter ces histoires et legendes. Les enfants ont un peu cale au debut. Les vieilles pierres, ils saturaient un peu et ne revaient que de plage. Ils apprecieront beaucoup les danses locales lors d un spectacle. Les filles sont belles, les costumes en plumes ravirent Madeleine et Faustine. Emile se fait inviter par une belle pascuane et se voit obligé de danser un peu ...
L ile est belle, sauvage, les falaises dechiquettees, percees de grottes, les crateres des volcans combles par des lacs, des roseaux. Les pascuans sont sympas, ici l homme porte des tatouages et le cheveux longs, tres longs et ça lui va bien !
La seule vraie plage permet a Emile d essayer son nouveau super Morey (body board). Enfin on vit en tongs !
La projection du film "RAPA NUI" guimauve produite par Kevin Costner permet a chacun de reviser ses acquis, et meme si le film est un peu nul et historiquement discutable, il permet aux enfants de s y retrouver un peu dans ces histoires de clans,chefs, mana, homme-oiseaux...
Faustine patauge un max, me demandant si les heros (acteurs) sont les memes qu a l epoque. Elle s embrouille entre histoire et realite et s accroche a la beaute de tel ou tel champion; a la jolie fille enfermee dans la grotte pendant des mois avant la competition pour lui redonner le teint pale et preserver sa virginite avant de l offrir en mariage au vainqueur.
Et puis arrive Noel. Nous passons l apres midi a la plage. C est notre premier Noel au soleil et sans famille. Etrange.
On nous a prepare un beau buffet de specialites.On traine les enfants a la messe de minuit. Pas ravis du tout de quitter leur copine. Mais nous tenons a voir comment ils fetent Noel. 90% de catholiques avec une messe en rapa nui. On veut voir. Ca chante fort et bien. Il y a de l energie. C est la messe en chemisette a fleurs et tongs, fleurs dans les cheveux. Meme le pretre a les colliers de fleurs et la chasuble brodee de coquillages. Les enfants sortent de leur mauvaise humeur lorsque tous entonnent un "happy bithday Jesus" en espagnol et l arrivee des cadeaux. Emile n en revient pas. Une procession apporte plateaux de fruits immenses, pasteques enormes et surtout... un veau ecorche vif entier !!!
paroles en rapa nui sur les murs, ingenieux !
On chante en rapa nui au son des percussions, accordeon et guitares. Cest Noel. Feliz Navidad. Ne reste qu a faire le Pere Noel.
Le lendemain on partage un curranto. Four traditionnel commun au village ou viandes et legumes cuisent dans un trou recouvert de feuilles.
Petite plongee (tuba) et depart pour Tahiti.
22 décembre 2005
Santiago - Valparaiso
Nous vous avions laisse a notre arrivee a Puerto Montt. Nous avons pas mal traine ce jour la. Les enfants ont meme reussi a nous faire dejeuner au Mc Do. Une envie de vie connue alors qu ils n y vont quasi jamais en France. Apres une fin d apres midi a lezarder au soleil pres du port nous nous sommes confortablement installes dans ce bus super luxe pour Santiago.
Notre dernier voyage sud americain. Nous etions bien entoures, une partie des routards du bateau se joignait a nous. ... et un ptit suisse !
Une bonne nuit en bus donc avant l arrivee dans Santiago. Il est tres tot, il fait deja bien chaud. C est l ete ici.
Installation a l auberge de jeunesse choisie par Emile. Depuis Ushuaia, il pense qu il est inutile de depenser plus en hotel puisque l ambiance et les rencontres sont plus sympas dans ces hebergements. Coucou Bene !
volume des cours !
La Casa Roja donc est pleine de charme avec ses patios, cours et hamacs... mais l ambiance n est plus celle du refuge backpackers d Ushuaia. Ici ce n est pas le lieu privilegie des randonneurs mais des fetards. Les nuits sont tres bruyantes, pleines de musique, de rire et de conversations au volume sonore ahurissant que savent prendre les americains ou australiens... bref, on dort mal. On se sent vieux il faut l avouer. La musique a tue tete et la clope des le petit dej... ce n est plus pour nous. Cela l a-t-il deja ete ?
Quelques musees pour les enfants et pour les grands. musee interactif
Petite revision au musee d art precolombien pour clore cette premiere partie du voyage.
Nous n aprecierons guere Santiago. Trop bruyante. le metro
En revanche nous serons seduits par Valparaiso. Remy en avait de bons vieux souvenirs et il est vrai que cette ville portuaire, ville du grand Poete Pablo Neruda a un charme fou.
a inventer a Paris : la voiture a pedale. Succes garanti !
Nous quittons egalement notre copine suissesse, qui a la gentillesse de remporter notre valise de sacs de couchage, ponchos et autres mouffles... cette valise transitera par Geneve d ou elle sera ensuite deposee chez nous par des copains installes la bas. Merci Benedicte et merci les Moiton ! Quel voyage pour une valise !
Notre bilan de ces 3 mois est plus que positif, vous l aurez devine.
EMILE : c etait vachement bien. Surtout l Argentine ou nous avons passe plus de temps.. On se sentait chez soi car les gens etaient comme nous. J ai bien aime conduire sur le Salar en Bolivie, les chutes d Iguazu, le Perito. La vie en Bolivie et Perou m a semblé rude. La pauvrete des gens, difficile a regarder. J ai aime parler espagnol. Je suis tres excite de decouvrir de nouveaux endroits. J aime bien lire des guides, j ai appri plein de choses de cette facon. J ai hate de decouvrir les prochains, de parler anglais, decouvrir les accents differents en NZ et en Inde. J ai un peu peur de perdre mon espagnol.
MADELEINE : J ai tout aime. J ai progresse en espagnol. Je me suis fait des amis partout. Je suis un peu triste de partir de ce beau continent mais on va decouvrir plein de beaux pays donc il faut pas trop regretter.
FAUSTINE : J ai tout aime. L argentine surtout. Les beaux paysages. Les villes, les gens et les petits enfants boliviens aussi. Je suis pas triste car j ai hate de voir les autres pays.
REMY . J ai aime la nature incroyable de l Argentine, les rencontres du Perou et de la Bolivie.
Voila, nous partons d Amerique du Sud pour l Ile de PAQUES. Officiellement chilienne, l ile de Paques n en est pas moins polynesienne de coeur... on va vous raconter tout cela prochainement en attendant on vous souhaite un Joyeux Noel a tous.
12 décembre 2005
Le Navimag
Nous l attendions depuis longtemps ce jour du 8 decembre. LE NAVIMAG.
Fameux bateau qui remonte les canaux du sud Chili en passant par le Pacifique. Ce n est pas "la croisiere s amuse", plutot un cargo qu un paquebot dira Emile. On est tres heureux de retrouver Benedicte, institutrice de Geneve, partie elle aussi pour une annee sabbatique. On retrouve les tetes croisees ces dernieres semaines dans les montagnes. Bref, c est un bateau backpackers, on dit ici (sac a dos/routard, quoi...) On embarque a 21h et meme si l on est au courant c est avec ravissement que l on se reveille sur un un bateau qui vogue deja depuis quelques heures.
La premiere journee est calme. On sent que beaucoup ont des kilometres dans les pattes, et que le douillet matelat des cabines les change du tapis de sol de campeur. Un peu de travail scolaire, d autant que l on est assisté par une pro qui se charge de notre classe de CP !
On lit beaucoup, on peut enfin ne rien faire. Il y a peu a faire, quelques documentaires sur les indiens, les glaciers ... Le pisco sour (boisson chilienne par excellence) au pub. Les rencontres avec plein de gens sympas de tous horizons, beaucoup de suisses, d anglais, australien, allemands ... beaucoup de francais partis pour de longs mois.
Faustine en profite pour se faire beaucoup d amis et quelques fiances, prête a cremer tous les dos des hommes du bateau.
Ici l exception c est celui qui voyage pour moins d un an, en fait ! Certains sont en fin de voyage et nous donnent plein de tuyaux sur l Asie.
On sent que l on va se recroiser avec certains en Nouvelle Zelande, a l ile de Paques... Pas mal de personnes assez agees, voire tres agees aussi, grands amateurs de voyages. Le viel americain chic de Miami partant a l'ile de Paques en bateau bientot, les 5 dames septuagenaires, trekkeuses chevronnees ayant fait des longues rando et dormi sous tente depuis des semaines... de belles rencontres. Pas de famille, beaucoup de voyageurs (et voyageuses aussi) solitaires, mais jamais longtemps ...
Deuxieme jour : on nous desembarque quelques heures au village de Puerto Eden. Derniere population indienne isolee sur cette ile. C est un peu un village oublie ; seul le Navimag semble les relier a la vie plus moderne chilienne. Nous croisons quelques personnes qui nous font penser que nous sommes sur une ile et que peu d entre eux ont l opportunite de quitter cet endroit. C est plus une sensation d abandon et d oubli d un peuple lointain qui nous emeut. Malgre les habitations tres abimees et ultra rudimentaires , on a la surprise d une ecole neuve et moderne pour la quarantaine d enfants du village.
On repart avec un gout amer dans la bouche et l impression d une agonie programee.
Nous passons le reste de la journee a attendre le moment ou le bateau va entrer dans le Pacifique. Nous sommes briefes : ca va bouger. On s installe dans une lethargie, amplifiee par la prise de pillules anti mal de mer fortement conseillees. Beaucoup s endorment dans les canapes du bar. L ambiance ressemble a un lendemain de fete. Le 1er janvier avant l heure !
Ca bouge beaucoup en effet et meme Emile qui voulait braver le roulis se ravise et prend ses pillules. Le diner voit les assiettes de spaghettis voler et le vin se renverser ... ambiance !
La bonne solution reste la position allongee ou assise. On file au lit ou l on se fait bercer serieusement.
Troisieme jour : Reveil calme. Nous sommes a nouveau dans les canaux. Petit roulis , odeur de vache de plus en plus presente. Nous avons en effet une cargaison de betailleres pleines de vaches promises certainement a l abattoir. Cela rappelle a tous la dure vie des animaux avant l arrivee dans nos assiettes. Une apres midi super ensoleillee donne un tout autre ton, on se rapproche de l ambaince croisiere. Le pont est pris d assaut. On se deshabille un peu, creme solaire, jupettes et tongs. Finit les fringues de montagnes : polaires et grosses chaussettes ... enfin. Ca crame chez les belges et les irlandais !
Les enfants profiteront avec grand interet des cours de backgammon et d echecs geants sur le pont du bateau,...quand la mer est plate !!!
La soiree est animee puisque ce soir c est le Bingo (loto Chilien, tres populaire ici) La bandes de motards costa-ricains tres bout en train depuis le debut du voyage gagne tout... ouf nous echappons aux bonnets, polaires et autre echarpes proposees comme lot, nous n en aurons plus besoin. Il faut desormais trouver comment rapatrier nos encombrants ponchos et sacs de couchages en France pour alleger les sacs et faire place aux moustiquaires.
Nous debarquons lundi matin. Un peu fatigues par une nuit trop courte ou trop arrosee. Il fait moche. Puerto Montt nous semble bien tristoune. Nous ne passerons pas la nuit ici comme prevu. On fonce en bande reserver les billets de bus pour Santiago. La valise du Cned nous lache ... il va falloir alleger !!!
Dernier billet de bus pour l Amerique du Sud... a bientot.
08 décembre 2005
Torres Del Paine - Puerto Natales
Nous voici a Puerto Natales. Cette petite bourgade est connue des routards puisque c est ici le rendez vous des trekkeurs du parc Torres del Paine. Nous avons d ailleurs retrouvé dans le bus quelques visages rencontrés a El Chalten. Nous nous installons dans une de nos dernieres pensions sud americaine. Notre vieille logeuse est vautree du matin au soir devant la tele, le petit dej est epouvantable mais le confort des lits et des chambres nous incite a ne pas changer d adresse ; d ailleurs les enfants se trouvent tres bien dans ce decor rococo, ce doit etre l effet de la grosse moquette, premiere depuis 3 mois.
Les cerros torre sont des montagnes capricieuses tres souvent le tete dans les nuages ou le brouillard, nous ne les verrons pas vraiment. On a profite d un beau poster pour vous les faire partager quand meme. Peut etre ne se montrent ils que pour les grimpeurs chevronnes! (voir album)
Nous souhaitions faire 2 jours a cheval dans le parc Torres del Paine, pour donner a cette nouvelle montagne un attrait different. Trop cher. Le Chili est cher, il faut sy faire. Nous louons donc 2 tentes et nous voila partis en bus.
Le parc ayant fait l objet d un enorme incendie l annee derniere declenche par la vonlonte d un touriste en mal de spectacle, nous n avons pas voulu nous balader au milieu d une foret de desolation. Une marche par grand vent ravit les grands. Faustine a un peu peur de s envoler et ne se sent pas tres a l aise.
On sent que l on est un peu au bout de notre enthousiasme pour la montagne, la flemme nous gagne et nous repartirons apres ces deux jours avec l impression de n avoir que peu profite du Torres del Paine. Il faut dire qu ici on croise au refuge des randonneurs a bout de force, partis pour 9 jours de marche vers les hauts sommets. Ce sera pour une autre fois .... avec des enfants plus ages... ou des parents moins vieux !!!
Un grand souvenir tout de meme quand on atteint le sommet du Cerro Condor ou le vent proposera aux enfants une bonne partie de rigolade.
05 décembre 2005
El Calafate (sud ouest patagonie argentine)
Inexplicable force de la nature, il y a mille facons de decrire cette region des parcs nationaux des glaciers, probablement l une si ce n'est la plus grande reserve d'eau de glacier du monde. Cependant la premiere est le fourmillement permanent des bus de touristes, bus se deversant dans la region uniquement pour contempler quelques minutes cette mysterieuse langue de glace plongeant dans le lac. Les noms de Perito Moreno (Francisco Moreno grand explorateur du sud argentin et humaniste), du Fitz Roy, d'El Chalten, des cerros Torre ou d autres illustres sommets ne se decouvrant qu au plus avertis, evoquent avant tout la grande majeste du sud de la cordillere des Andes. Ils se decouvriront toujours quand on arrivera devant eux au detour d'une marche a pied ou d'un virage serre en camping car.
Eh oui, on retrouve la famille Sabia deja rencontre plusieurs fois lors de ce voyage.Sauf que cette fois ci, le rendez vous etait deja pris. On ne pouvait pas se louper et donc c'est avec l'ensemble de nos bagages et les enfants que nous investissons le camping-car pour une semaine commune de voyage, hors le dodo du soir deja prevu pour nous dans des cabanes.
Premier grand frisson devant le Perito Moreno, magnifique glacier geant (8 km de large et 16 de long)
C est l'un des derniers glaciers qui avance encore un peu chaque
annee. Il se devoile a nous sous un soleil de fin d apres-midi. Quel
bonheur!!! Tous les touristes y montent le matin dans un rush
indescriptible parait-il, tandis que nous y arrivons pratiquement seul
vers 18 h.L'heure est magique a double raison: la premiere bien
evidemment, c'est que la lumiere y est plus qu'incroyable c'est a dire
un contre-jour agressif trouant la glace de mille couleurs. La
deuxieme, non moins negligeable, est que le soleil a chauffe la glace
toute la journee et que ca craque de toutes parts et c'est pas des
craquements de ....Des blocs entiers de plusieurs dizaines de tonnes
qui s'effondrent dans le lago Argentino, le tintant de couleurs jamais
vues: turquoise, bleu dense, gris vert, accompagnes d'un bruit
assourdissant suivant la chute.
Le soleil semble se jouer de la glace
comme un arc en ciel de la pluie. Chacun guette la prochaine chute de
blocs !!!On repartira les yeux plein de couleurs et les oreilles
pleines de bruit. Il semblerait que le number one Iguazu vienne d'etre
detrone par le Perito Moreno, dixit les enfants.
On
aura l occasion d approcher un autre grand glacier du Campo de Hielo
del Sur : l'Upsalla de 80 km de long mais qui contrairement au Perito
Moreno, recule.
Les filles seront ravies de gouter a la glace pechee par les pilotes du bateau et je boirai un whisky on the rocks local !!!
Le retour nous emerveillera d icebergs et de couleurs changeants avec le deplacement du bateau.
Le camping car charge a bloc, avec l'ensemble de nos bagages, sera
rempli des neufs amis pour effectuer 250 km de pistes memorables, en
route vers le paradis des grimpeurs et l antre des trekkers, le fameux
Mont Fitz Roy,dans le massif de montagnes entourant le village
d'El Chalten.
Gros changement de population. on a a faire a un tourisme
radicalement different, de vrais marcheurs, une moyenne d age aussi un
peu plus jeune ( on croisera un couple d anglais avec 2 bebes sur le
dos dans un pierrier au milieu d un glacier, belle prise de
risque !!!).El Chalten renferme une population proche de la montagne et
des activites qui l entourent : treks, canoe, escalade de rochers et de
glaces, mountain bike et sports extremes en tous genres...
Ici on loge dans des cabañas que l on commence a frequenter depuis
plusieurs semaines (tres habituel en Argentine).
Rudimentaire pour l eau
chaude et la cuisine (a part des pates sur un petit rechaud ,il n
y a pas grand choix). Le village a son charme au milieu de l
incroyable chaine de montagnes qui l entourent et il faut avouer qu
avec ses 20 ans de vie, il lui reste encore beaucoup de choses a faire
pour avoir un caractere local "montagnard andin".
Les enfants ne rechigneront pas a une des plus belles marches de montagne que l on ait pu faire malgre les 8h de la journee. La haut, il n y a pas de refuges et il faut redescendre avant la nuit, les temperatures nocturnes et le vent empechant tout bivouac a la belle etoile.Plusieurs fois au detour d'une moraine ou d une colline verte, le Fitz Roy se montrera, dans une journee superbement ensoleillee.
Les
filles profiteront d un petit glacier pour faire une memorable bataille
de neige au cours de laquelle elles auront plus use leurs mains et
leurs pantalons dans une neige bien humide. Le Fitz Roy est entoure d
une dizaine de petits lacs dont le magnifique lago Sucia, trou tres
profond au pied d'un des glaciers .
Quelle chance quand on sait que beaucoup de marcheurs ne viennent passer que 2 jours et qu il n est pas rare que cette montagne reste dans les nuages plusieurs jours d affile. Nous aurons la chance d'un temps magnifique pendant 5 jours.
Mountain
bike pour Emile, Vincent le papa d'Annecy et moi pendant que Beatrice,
Laurence et les plus petits partent faire du cheval.
Le soir, on prend l habitude de faire manger la marmaille lors dun
premier service puis dodo dans les chambres et dans le camping car pour
eux tandis que la soiree cuisine et tarot se met en place pour les
grands. On se divise aussi le matin chacun se retrouvant avec ses
enfants pour les cours du CNED.
Et c est parfois un peu sous la pression des enfants qui veulent
"surtout aujourdh'ui ne rien faire, vraiment rien" qu on les installe au
soleil un livre a la main dans l herbe devant la maison.
On vit dans un rythme de vacances montagnes qui nous fait vite oublier qu a Paris il fait nuit tot: en effet, a cette latitude et a cette epoque les jours durent jusqu a 19 h et donc de 4h du mat a 23h on y voit clair comme on dit !!!
Pres de la cabana se trouve une serie de rochers permettant l escalade: seance ou Mado semble etre une des plus vaillantes face au vide.
Petit apparté sur le Fitz roy qui a ete vaincu en 1952 par une equipe de grimpeurs francais dont faisait partie Lionel Terray, chef d expedition. Il est un des rares sommets au monde a aligner une face nord (donc au soleil) de plus de 1450 m de verticalite non stop.Rien a dire sur le cerro Torre son voisin que l on n a pas pu voir de pres car il necessitait de trop longues marches d approches.
Le depart se profile. Les amis d Annecy partent un peu plus tot dans
la matinee, l occasion d une separation qui nous attriste tous et
particulierement les enfants mais on devrait de nouveau se retrouver a
Santiago sinon...en France.
On repart en bus vers Calafate puis le
Chili a Puerto Natales.
suite sur album photo-
tu vois ou on est sophie ?
